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Google : quand Bruxelles dénonce un abus de position dominante…

Si Google est dans le collimateur de Bruxelles depuis quelques années déjà, cette fois, la Commission Européenne durcit le ton et accuse le géant du net d’abus de position dominante. Après avoir communiqué à Google une liste de griefs, l’instance de régulation laisse désormais 2 mois au moteur de recherche pour proposer des solutions, sous peine de lourdes sanctions.

Quand Google est pointé du doigt par Bruxelles

Amorcée en 2010, la bataille juridique opposant Google à la Commission Européenne était pourtant quasiment réglée… Seulement, depuis quelques jours, le tonnerre gronde de nouveau dans le ciel de Bruxelles. En cause, la « communication des griefs » transmise par Mme Vestager, commissaire européenne à la concurrence.
Selon son dépositaire, Google avantagerait ses propres services de comparaison des prix sur ceux de ses concurrents. Une pratique qui pose problème sur ce carrefour d’audience, qui draine plus de 90% des recherches web en France. Une enquête est désormais ouverte et Google dispose de deux mois pour démonter que son activité n’est pas une violation des règles européennes en matière d’abus de position dominante.

Les pratiques Google posent-elles (vraiment) problèmes ?

La Commission Européenne n’est en pas à son coup d’essai face à Google. En effet, depuis 5 ans, procédures et négociations se succèdent afin de trouver un terrain d’entente. Soutenus par de nombreux plaignants, dont des groupements d’éditeurs, Bruxelles a d’ores et déjà souligné certaines pratiques discutables opérées par Google.
Parmi elles :

  • le fait de privilégier ses services à ceux de ses concurrents
  • la diffusion de contenus non propriétaires
  • la technique du scraping, interdisant l’usage des données collectées auprès d’autres acteurs publicitaires
  • l’obligation de contractualiser des accords d’exclusivité

Cette fois, c’est l’affichage d’un encadré valorisant les produits du comparateur de prix propulsé par Google qui dérange. Motif de la rébellion : celui-ci est placé avant les liens organiques, ne laissant que peu d’opportunités aux autres résultats d’être visités… Résultats dépendant eux mêmes de l’algorithme Google, sujet à controverses également.

Google, effrayé devant la Commission Européenne ?!

Face à une potentielle amende évaluée à 10% du CA de Google, soit la bagatelle de 6,6 milliards de dollars, l’américain compte bien trouver un terrain de négociations. En l’état, Google risque de devoir faire quelques concessions et proposer un modèle de comparateur plus neutre.
Néanmoins, le géant prépare déjà sa riposte. Un texte exposant les bénéfices de ses pratiques a d’ores et déjà été publié. Il sera relayé par une campagne de communication très prochainement.
Le sujet vous intéresse ? Retrouvez le point de vue de Jonathan Vidor, Président Fondateur de JVWEB sur le sujet dans l’Express, l’Obs et Libération.