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L'argent ne fait pas le bonheur (des actionnaires)

Alors que Google affiche des résultats incroyables pour le premier trimestre, le géant de l’internet est boudé par les investisseurs.
On ne parle pas souvent de bourse sur le blog de JVweb. Mais quand les résultats sont au rendez vous et que la valeur du titre chute, on est en face d’un paradoxe.
Passons en revue les chiffres annoncés par Google pour son premier trimestre: un bénéfice net en hausse de 37%, soit 1,95 milliards de dollars, son chiffre d’affaires en croissance de 23% sur un an. Et dans cette conjoncture, le titre Google a perdu près de 9% dans un contexte boursier favorable (Nasdaq + 10%). Tachons de comprendre pourquoi.
En terme de stratégie, Google a investi en ressources humaines de façon importante: 786 personnes en 3 mois. Rien de difficile pour l’entreprise de Larry Page et Sergey Brin dont les réserves de liquidités s’élèvent à un impressionnant montant de 26,5 milliards de dollars. Cependant, en terme de calcul financier, et malgré les 2,35 milliards générés au premier trimestre, l’investissement est trop lourd par rapport à la nature de la structure. Je vous passe les détails financiers, l’idée est celle ci: le marché considère à présent Google comme une entreprise en situation de maturité et ne voit pas de nouveaux débouchés à moyen terme.
De plus, les nouveaux produits Google rencontrent des obstacles:
– la publicité sur mobile est toujours en attente de validation par les autorités du secteur et se trouve en concurrence avec Apple qui détient le standard des smartphones.
– la publicité sur Youtube se heurte à un problème de business model: le contenu crée par les utilisateurs est moins rentable que le contenu studio. Google se met en concurrence avec les chaînes.
– Google Docs s’attaque directement à la « vache laitière » de Microsoft: Excel.
Google Books est contesté par les éditeurs et la législation.
Concrètement, malgré de très bon résultats, la vision stratégique de la direction du moteur de recherche est contestée par les acteurs boursiers: trop de concurrence, trop de diversification. L’incertitude par rapport au marché de la Chine et les résultats en hausse des réseaux sociaux doit aussi y être pour quelque chose.